Camille Flammarion, ce méconnu

Europe/Paris
Amphithéatre Abbé Grégoire (CNAM)

Amphithéatre Abbé Grégoire

CNAM

292 rue Saint Martin, 75003 Paris
David Valls-Gabaud (CNRS - Observatoire de Paris), Philippe Morel (ACF), Laurent Dongé (UNICAM)
Description

 

Colloque international sur les aspects moins connus ou méconnus de sa vie, de son oeuvre, et de ses réseaux nationaux et internationaux.

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Centenaire de la disparition de Camille Flammarion
    • Séance I : Aspects biographiques Amphithéatre Abbé Grégoire

      Amphithéatre Abbé Grégoire

      CNAM

      292 rue Saint Martin, 75003 Paris
      • 1
        Accueil
      • 2
        Présentation
      • 3
        Carole Christen (Université Le Havre Normandie) : Camille Flammarion et l'Association polytechnique : éduquer le peuple et vulgariser les savoirs

        Dans la première moitié du XIXe siècle, la question de l’éducation populaire prend une place centrale comme l’attestent les nombreux débats, projets et expériences pédagogiques. En août 1830, des anciens élèves de l’École polytechnique fondent l’Association polytechnique pour développer l’instruction gratuite du peuple. Parmi les auditeurs qui suivent les nombreux cours proposés aux travailleurs parisiens, se trouve, dans les années 1850, Camille Flammarion. D’élève-adulte, il devient, une dizaine d’années plus tard, « éducateur du peuple », en donnant un cours d’astronomie populaire au sein de l’Association polytechnique. À travers le parcours et la figure de Camille Flammarion, il s’agit de revenir sur le rôle de cette association dans l’éducation du peuple et dans la vulgarisation des savoirs.

      • 4
        Jacques Arnould (CNES) : Camille Flammarion: un curieux de l'âme et de Dieu

        Pèlerin des étoiles, Camille Flammarion n’a pas seulement été un savant original ; il a aussi été, et dans le même élan, un arpenteur de l’âme et un chercheur de l’esprit. Élevé dans la religion catholique, il s’en est peu à peu éloigné sans perdre son goût pour la spiritualité ; il a été fasciné par les mouvements spirites de son époque, en particulier par les travaux d’Alan Kardec. Et si nous nous intéressions un moment à cet aspect moins connu du populaire astronome?

      • 5
        David Valls-Gabaud (CNRS, Observatoire de Paris, SAF) : Un portrait méconnu de Camille Flammarion ?

        Il n'existe que deux portraits peints de Camille Flammarion. Le premier, une huile sur toile œuvre de Léon-Henri Michel, fut exposé au Salon de 1889 de la Société des artistes français. L'autre, une huile sur bois dans un cadre de plâtre doré, date de 1892 et ornait le salon de l'appartement de la rue Cassini à Paris. Il fut exécuté par le peintre André Mniszech, noble ukrainien très proche ami de Flammarion. Les deux portraits sont conservés à l'Observatoire de Juvisy.
        En marge de l'exposition de 1889 qui célèbra le centenaire de la révolution française, les artistes Alfred Stevens et Herni Gervex conçurent un vaste panorama de 120 m de longueur sur 20 m de hauteur, avec plus de 660 personnages. Cette œuvre monumentale fut démantelée, et seuls quelques rares fragments ont survécu. Le Musée des Beaux Arts de Tours conserve une toile de 260 cm par 95 cm qui contient les portraits d'Henri Martin, du Dr Péan, et d'un personnage qui a été identifié comme étant celui de Camille Flammarion.
        Cette identification pose cependant un certain nombre de problèmes, et il s'agira d'exposer les arguments de cette attribution de ce qui serait un troisième portrait, méconnu, de Camille Flammarion.

    • 12:00
      Pause déjeuner
    • Séance II : Œuvres et travaux scientifiques Amphithéatre Abbé Grégoire

      Amphithéatre Abbé Grégoire

      CNAM

      292 rue Saint Martin, 75003 Paris
      • 6
        Pierre Durand (Société Astronomique de France) Camille Flammarion, un des premiers contributeurs à la connaissance générale des étoiles doubles et multiples

        À partir des années 1870, Camille Flammarion s'intéresse aux étoiles doubles et recueille de nombreuses mesures sur plusieurs paires afin de déterminer celles qui présentent un mouvement orbital. Il mesure 160 paires en 1877 à l'aide de la lunette de 38 cm de l'Observatoire de Paris et publie en 1878 le premier catalogue d'étoiles binaires.
        Nous expliquerons tout d'abord quelles études en astronomie des étoiles doubles ont précédé les recherches de Flammarion, puis nous présenterons ses propres observations ainsi que l'intérêt et la qualité du « Catalogue d'étoiles doubles et multiples en mouvement relatif certain ». Enfin, nous tenterons de comprendre pourquoi ce travail a été ignoré pendant si longtemps.

      • 7
        Matthew Shindell (Smithsonian Institution, Washington DC, États-Unis d'Amérique) Finding Humanity in the Cosmos: Camille Flammarion’s Uranian Philosophy

        In the history of astronomy, Camille Flammarion (1842-1925) has been understood as a popularizer and an advocate of the plurality of inhabited worlds whose ideas were influenced by his involvement in Allan Kardec’s spiritist movement. However, although Flammarion began as one of Kardec’s acolytes and did incorporate spiritist ideas into his first works on plurality, he quickly moved away from one of spiritism’s core principles—that séances put participants in contact with spirits. Flammarion instead moved into psychical research and became a leading voice in the pursuit of natural explanations for psychical phenomena. He did this with the belief that the findings of psychical research would form a new branch of physics. In his later writings, and particularly in his novels Lumen (1872), Urania (1889), and Stella (1897), he combined his dual commitments to psychical research and plurality into a philosophical viewpoint regarding the place of humanity in the universe. The “Uranian life,” described in these works through the imaginative exercise of fiction, invited Flammarion’s readers to see his vision of the unity of the immortal human soul and the intelligence of the infinite universe. A proper understanding of Flammarion will see him not merely as a popularizer or pluralist, but as a modern thinker engaged in a project of cosmopoesis.

      • 8
        Colette Le Lay (Centre François Viète, Université de Nantes) Camille Flammarion et Jules Verne. Deux points de vue opposés sur la pluralité des mondes ?

        Jules Verne est né en 1828 et Camille Flammarion en 1842. 14 ans les séparent mais ils vivent dans le même contexte socio-politique (Second Empire puis Troisième République) et culturel (âge d’or de la vulgarisation). Et ils fréquentent le même univers éditorial, débutant tous deux leur carrière en 1862-1863. Nous avons peu de traces d’interactions si ce n’est des critiques de Flammarion sur la frilosité de Jules Verne autour des habitants de la Lune. L’exposé se propose de montrer en quoi la prose enthousiaste de Flammarion sur la pluralité des mondes s’oppose à la prudence de Jules Verne.

    • 15:00
      Pause café
    • Séance III : Réseaux nationaux et internationaux Amphithéatre Abbé Grégoire

      Amphithéatre Abbé Grégoire

      CNAM

      292 rue Saint Martin, 75003 Paris
      • 9
        Elisa Sevilla (Universidad San Francisco de Quito, Equateur) Camille Flammarion en Amérique latine : un pont entre les sciences et les lettres

        Camille Flammarion a entretenu tout au long de sa vie des relations très étroites avec l'Amérique Latine. D'une part, plusieurs Latino- Américains faisaient partie de son réseau en tant que membres étrangers de la Société Astronomique de France. D'autre part, ses textes, tant en français que dans leur traduction espagnole, ont circulé dans toutes les couches de la société latino-américaine. Cette présentation mettra l'accent sur la communion entre les idées du vulgarisateur scientifique français et les intellectuels latino-américains qui s'identifiaient à son style littéraire et à son approche affective des sciences.

      • 10
        David Baron (Astrobiology, Library of Congress, Washington DC, États-Unis d'Amérique) «Cher Ami Martien» : Flammarion, Lowell, and the Friendship that Sparked a Craze

        At the dawn of the twentieth century, the United States went mad for Mars. Martians appeared in newspapers, popular music, and Broadway plays after the American astronomer Percival Lowell proclaimed the red planet a civilized world crisscrossed by irrigation canals. The catalyst for this public craze was Camille Flammarion, who served as Lowell’s muse and champion. An examination of the correspondence, private writings, and published remarks of these two men reveals how the French astronomer encouraged and promoted his American friend. Although the Martians and their canals were never real, the excitement spurred by Lowell and Flammarion proved world-changing, for it inspired a new genre called science fiction and helped launch us into space—toward Mars.

      • 11
        Philippe Morel (Astro-Club de France, Société Astronomique de France) Apports de Camille Flammarion à l’astronomie d’amateur

        L’Astronomie Populaire (1879), l’observatoire de Juvisy-sur-Orge (à partir de 1883), la revue l’Astronomie (1882-1894) puis la fondation de la Société Astronomique de France (1887) : quatre initiatives majeures portées par Camille Flammarion et à l’origine de plusieurs générations de passionnés d’astronomie tant dans le monde professionnel qu’amateur. D’une passion académique réservée à quelques lettrés tels Flaugergues, Lescarbault et d’Abbadie, Flammarion en a fait une science populaire accessible à toutes les classes de la société, inspirant d’autres vulgarisateurs autodidactes et artistes tels Trouvelot, mais aussi l’abbé Moreux puis Lucien Rudaux. Tous ont grandi aux côtés où dans l’ombre de Camille Flammarion puis de son épouse Gabrielle, suscitant à leur tour nombre de vocations aux noms illustres dont, entre autres côté professionnel, Danjon, Fehrenbach, Lyot, Couder, Dollfus, et côté amateur : Pierre Bourge, pédagogue hors pair, bricoleur de génie et père fondateur avec Jean Texereau de l’astronomie pratique d’amateur pour tous.
        Tous, à leur tour ont pris la suite de l’œuvre de Camille Flammarion en se regroupant en associations aux buts spécifiques telle l’AFOEV pour les étoiles variables ou généraux à l’AFA, fondée par Pierre Bourge. D’autres illustres passionnés ont aussi été portés par l’élan insufflé par Camille Flammarion tels Antoniadi, Lowell, de la Baume Pluvinel, Bouquet de La Grye, Jonckheere et Delmotte; tous ont attaché leur nom à la science astronomique.

      • 12
        Magda Stavinschi (Institut astronomique de l'Académie roumaine) La Société Roumaine « Camille Flammarion »

        Au début du XXe siècle, la notoriété de Camille Flammarion avait largement dépassé les frontières de la France. Il était l'un des plus fervents vulgarisateurs de l'astronomie. Alors que ses ouvrages se trouvaient dans toutes les librairies françaises, ceux de Roumanie se vendaient tout aussi rapidement, le français étant alors la première langue d'enseignement dans les écoles roumaines. Invité par la Maison Royale à l'événement le plus important de Roumanie, l'Exposition nationale organisée en 1906 pour célébrer le 40e anniversaire du règne du roi Carol Ier, il fut reçu dans le pays avec un faste digne d'un monarque. La conséquence fut naturelle : en 1907, la Société Roumaine « Camille Flammarion » fut fondée, membre correspondant de la Société Astronomique de France. De retour en France, Flammarion n'apporte que des éloges aux Roumains en disant « Nous avons là, messieurs, à deux mille kilomètres d'ici, près de cent collèges dont les cœurs battent à l'unisson du nôtre.» Bien que nous vivions à une époque de communication complètement différente de celle d'il y a un siècle, où peu peuvent encore atteindre la notoriété de Flammarion, la postérité ne l'a pas oublié.

      • 13
        Conclusions et discussions